
ANDRE PIQUET
Préparateur aux « Présentations Presse » |
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Lors de nos réunions mensuelles au sein de l’Euro SM Club, il est prévu que certains mois nous invitions une personnalité ayant eu une influence directe ou ayant participé de près au démarrage, au lancement ou à la vie de la CITROËN SM. Cette fois-ci, c'était André PIQUET, préparateur aux "Présentations Presse" à l'époque de la SM, qui nous a rendu visite.
J’ai par la suite grâce à cette activité eu la chance de participer aux deux présentations presse de la SM. En 1970 ce fût au Mas de Calabra quatre SM quittant Javel pour les Saintes Marie de la Mer. A cette époque l’autoroute n’était pas terminée et la loi Messmer ne sévissant pas encore, arrivé à Lyon, le plein de 93 litres était déjà nécessaire ! Seule directive de Javel: surveiller la température d’huile. Ces quatre SM étaient conduites par Jean Paul Cardinal, Jean Pierre Touret, Minaud et moi même. Minaud, essayeur à Javel étant le plus rapide, il fermait ce petit convoi. Une « SM orange » nous précédait c’était celle de M. Wolgensinger; il était à l’époque le patron des relations publiques et organisateur de ces présentations presse. A quelques kilomètres du lieu de préparation des véhicules, se trouvait l’hôtel des journalistes. De bonne heure le matin, nous avions en charge de préparer les véhicules pour ces essais presse tant redoutés. Prêts très tôt le matin, nous guettions le bruit du Maserati de la SM orange de « Wolgen » (qui ne ménageait en rien sa monture !) Signal de l’arrivée prochaine des journalistes ! Sur le plan mécanique, seuls
les joints de couvre-culasse nous provoquèrent quelques inquiétudes avec
des petites fuites d’huile. Wolgen se mit dans tous ses états et la solution
fût vite trouvée. Il nous fit livrer des joints de couvre-culasse plus
« performants » directement d’Italie par avion, à notre charge de
« redresser le tir » dans les plus brefs délais ! Suite à
cette intervention, c’est tout l’approvisionnement en joints de
couvre-culasse qui fût modifié. Je fus nommé « Responsable au poste d’essais ». Je fis la connaissance d’un certain Monsieur Mestre qui, à cette présentation en Camargue, était le seul qui se permettait de passer un « S » limité à 40 km/h et de le prendre à « 100 » faisant glisser la SM sur ses quatre roues ! Même les essayeurs de Javel n’y arrivaient pas ! Un matin j’avais changé, avant l’arrivée des journalistes, les plaquettes de frein d’une SM qui m’était confiée ; « Viens petit gars on va rôder les freins, les pneus furent aussi vite rôdés ! » Tout en douceur, il savait manœuvrer la SM et cette direction si spéciale qu’était la diravi avec maestria ! !
La présentation de la SM
injection s’effectua à CASTELARAS, au dessus de Valbonne, dans le sud de la
France; site dès plus luxueux s’il en est ! Nous, plus humblement, étions
à l’hôtel FIGUARIE à quelques kilomètres. Les « SM » avaient
été transportées par camions, et les essais commencèrent par un accident
fort heureusement sans gravité. Sur l’autoroute de l’Esterel, un
journaliste se fit remarquer. Alors qu’il était en pleine accélération, un
combi Volkswagen crût bon de s’approcher un peu trop de la SM. Le rédacteur
du journal régional du Havre eut une très grosse frayeur et ne put éviter
l’obstacle... La SM ne s’en remit pas ! Quelques petits problèmes de
pompe à essence, mais ce fut là aussi une présentation presse des plus réussies.
J’ai conservé un petit cadeau de cette aventure, une petite lampe torche
aimantée, munie d’une manivelle. Elle se branchait sur l’allume cigare et
était équipée d’un long fil, permettant d’aller éclairer jusqu’à
l’arrière de la voiture. Certains clients, par la suite, en bénéficièrent
aussi. A cette occasion, l’on remettait le dossier de presse avec ces superbes
photos que l’on pouvait apprécier par la suite dans les journaux spécialisés. Pour obtenir ce poste chez CITROËN,
on ne tenait pas compte de la détention du permis de conduire, bien sûr, le
posséder était indispensable mais cela ne suffisait pas. Nous étions obligés
d’en repasser un « spécifique maison » sous le contrôle d’un
collaborateur instructeur. De plus, si l’on était affecté au service
essayeurs, on pouvait être appelé et être retenu en tant que chauffeur
officiel pour les convois. Ce permis était plus difficile, et la mention V.O était
inscrite sur notre permis CITROËN ; c’était le « permis grande
vitesse » et une visite médicale annuelle était obligatoire. Mes premiers contacts avec la SM
se déroulèrent à bord d’une DS particulière ; elle avait la mécanique
Masérati, la direction, et le chassis de la SM. C’était ce que l’on
appelait dans notre jargon une « voiture mulet », un coupé de
couleur noire. D’autres présentations SM étaient
organisées dans l’année, comme celle à la Faisanderie, dans le parc de St
Cloud. C’était le rendez-vous au Stade Français ( pour les V.I.P de la
région parisienne ) clients potentiels, possesseurs déjà de confortables
DS. Le reste de l’année, j’avais un poste à l’assistance technique, plus
particulièrement lié aux problèmes moteurs et à ceux de la direction. Je me
souviens d’un problème hydraulique qui faisait un bruit de sifflement à
l’avant du véhicule, dès que l’on braquait à droite. Il fut, après
beaucoup de recherches, déterminé que c’était un joint récalcitrant qui
favorisait ce sifflement ! A l’époque, ce service était
important dans la mise au point des véhicules. on l’appelait « LES
METHODES ». Ceci m’amena à participer aussi aux livraisons véhicules
à Lourmel, dans le XV arrondissement de Paris. Nous livrions nous mêmes les SM
chez les clients ! J’avais en charge les préparations mécaniques avant
la livraison ! Vaste programme ! Puis par la suite, ce fut les
concessionnaires qui se chargèrent de cette opération. Je suis fier d’avoir participé
à cette époque du lancement et de la mise au point de la SM. Je remercie l’Euro
SM Club de m’avoir invité à partager cette soirée, et de votre intérêt à
l’énumération de tous ces souvenirs. Aujourd’hui, à une semaine de la fin
de ma carrière que je termine en ce mois de décembre 2001, entièrement
consacrée à la Société CITROEN, je souhaite vivement participer à nouveau
à une autre réunion pour évoquer d’autres souvenirs de cette époque riche
en réalisations passionnantes.
Propos recueillis
Par Pierre PHILIPPS |
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